Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 22:57

Les sirènes l'avaient attiré ici, tout en haut de la butte Montmartre. Les cloches du Sacré-Coeur avaient sonné à ses oreilles, et il n'avait pu se soustraire à l'attraction. ....

.. ..

Il était las maintenant, échoué depuis trop longtemps en haut de l'escalier, baleine fatiguée, l'épiderme grillé au barbecue d'un soleil gourmand. Les filaments rouges de ses yeux accrochaient les mini-jupes et les piercings au nombril qui refluaient du Sacré-Coeur en un courant homogène hémorragique. Mais le reflux touristique n'était pas assez fort pour l'emporter au large. Il passerait encore des heures extensibles sur ce palier de décompression avant de refaire surface.....

.. ..

Comme il se fossilisait sur les marches, les siècles allèrent et vinrent autour de lui, ressac millénaire. ....

.. ..

L'érosion l'aurait endormi à tout jamais, si un cri ne l'avait réveillé. Il se dissocia alors du socle de pierre, et, bravant la pesanteur, se leva enfin. A la vitesse sourde d'une déformation géologique. Il pressa si fort sur ses paupières, pour arriver à voir qui l'appelait au dedans, que ses yeux glissèrent en lui, dans ses propres ténèbres. Tombés au fond du puits, ils firent plouf ! Et son âme résonna sur la même fréquence que les cloches du Sacré-Coeur. Déstabilisée par la vibration, sa tête se remémora les marches, qu'elle écrasa de tout son poids, pleine comme un œuf. Les filaments rouges glissèrent hors de lui, et sinuèrent le long de l'escalier, anguilles assoiffées, en direction du large.....

Par psychabulle - Communauté : écriture "expérimentale"
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 14:21

mini-scarab.jpg

Par psychabulle - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 14:19

(Voici une nouvelle de science-fiction que j'ai publiée sur In libro veritas)

 

Résumé : Pris dans les rouages d’une société absurde, un homme cherche du travail pour échapper au sommeil forcé qui attend les chômeurs… Un texte tragi-comique, à peine futuriste.

 

 

...

 

 

L'horloge accrochée tout en haut de la tour Milton Friedman rythmait la vie des citadins depuis des décennies. Un peu partout en ville, de grands écrans diffusaient les images du célèbre cadran, permettant aux gens d'être toujours à l'heure, où qu'ils se trouvent, et les invitant à ne pas perdre une seule seconde de leur temps précieux. Posté sous l'écran géant de la Grand Place, Eric observait les passants qui défilaient en un flux ininterrompu, presque homogène, avant de s'engouffrer dans la bouche du métro et d'être emportés au loin, par leur vie trépidante, leur prochain rendez-vous, leurs courses ou leur travail. Il était très dur d'attirer l'attention de quelqu'un à une heure de rush. « Madame, s'il vous plait... » « Monsieur ?... », disait Eric en surgissant devant les passants. Mais ceux-ci le contournaient en faisant un écart, feignant de l'ignorer, et continuaient leur chemin. Depuis dix minutes qu'il était là, posté entre l'écran géant et l'entrée du métro, ses tentatives d'approche étaient restées vaines.

 

Lorsqu'un vieil homme, un peu perdu, la démarche hésitante, s'approcha du plan du métro en sortant ses bésicles, Eric se dit qu'enfin la chance lui souriait. Alors que l'homme ajustait d'une main ses lunettes, et faisait glisser de l'autre son doigt le long de la ligne 15, il s'introduisit. « Puis-je vous aider, monsieur. Où allez-vous? » « Vous êtes bien gentil mon garçon, mais je vais me débrouiller », répondit l'autre avec un sourire poli. Puis il se concentra de nouveau sur le plan. « Dans ce cas-là, c'est moi qui aurait besoin de votre aide », dit Eric en se râclant la gorge. Le vieux monsieur se tourna à nouveau vers Eric, et l'interrogea du regard. « Pourriez-vous répondre à quelques questions... », dit-il, tout en sortant de la poche extérieure de sa veste un tableur numérique. « Il s'agit d'un sondage à propos du multimédia. » Le vague éclat de curiosité teinté d'inquiétude qui avait illuminé un instant le regard du bonhomme s'éteignit soudain. « Ah non, désolé, je ne réponds pas aux sondages », fit-il d'un ton agacé, avant de tourner les talons. Eric resta planté là, silencieux, regardant le vieil homme s'éloigner, et jura intérieurement, exaspéré. Combien de temps allait-il encore rester là à espérer trouver quelqu'un d'assez aimable pour répondre à son sondage? Il était payé au questionnaire et ne pouvait pas se permettre de perdre ici un temps précieux. Glissant la main dans la poche extérieure de sa veste, il sentit la poignée du paralyx et la saisit. Jusqu'ici, il s'était interdit d'abuser de son arme paralysante, dont l'utilisation était d'ailleurs parfaitement illégale, mais il y avait des jours où on ne pouvait simplement pas faire autrement. Il s'approcha du petit vieux, lui agrippa l'épaule et le ramena de force près du plan de métro, à l'écart de la foule, pendant que celui-ci protestait vivement.

 

...

 

lire la suite ici :

 

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Par psychabulle - Communauté : Roman science fiction
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 10:49

Voici un petit programme plus ou moins interactif de science fiction zoologique et musicale.

Il faut cliquer un peu partout...

 

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melocycle

Par psychabulle - Communauté : Autres Mondes...
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 21:32

 

 

  mini-vampire-cathodique-copie-1.jpg

 

 

Le dollar, l'euro, la livre, le yen ne valaient plus rien. Quant aux monnaies des restes du monde, elles ne servaient plus qu'à jouer à pile ou face. Pile, je mange mon fils, face je mange ma fille. Les humains, maigres comme des clous, s'envolaient comme des girofles avec le vent.

 

Il n'y avait plus rien à manger sinon à la télé. Bien que la nourriture ne fût plus disponible, les pubs continuaient de déverser des images de céréales, de salades croquantes, de steaks juteux, de chocolat fondu dans les regards vides et affamés des téléspectateurs. Pourtant, toutes ces denrées n'existaient plus, car la nature elle-même n'existait plus. Partout, rochers, béton et déserts de graviers avaient remplacé champs de blé et fôrets. Les gens ne sortaient plus de chez eux. Ils passaient leur temps devant la télé, qui ne diffusait ni films, ni jeux, ni émissions d'informations, mais uniquement ces publicités alléchantes qui donnaient l'eau à la bouche.

 

Au début, les grands pontes du ministère de la télévision avaient trouvé l'idée tout simplement suicidaire. Si les gens crèvent de faim et que vous les faites baver devant leur poste, vous allez les rendre fous. Ce sera la révolution, la guerre civile, s'époumonaient les sous-fifres à l'adresse du Grand Kommunikateur Kathodique. Mais ils ne pouvaient pas comprendre la stratégie du Grand Kommunikateur, qui avait toujours une longueur d'avance sur ses inférieurs. Le sourire aux lèvres il leur expliqua donc sa stratégie : « Nous allons diffuser des spots estampillés ministère de la santé expliquant aux téléspectateurs que les publicités les nourrissent. »

 

Les cornes d'abondance cathodiques relayaient donc le message des autorités, par le timbre d'une voix fière et nasillarde : « L'exposition d'une heure aux bénnnnéfiques ondes téllllévisuelles apporte l'équivalent de 150 calllllories aux télllllléspectateurs. » Il était même indiqué en bas de l'écran que l'exposition prolongée aux programmes risquait de vous rendre obèse. Comme il fallait se faire une raison, on se forçait à y croire. Certains étaient devenus si experts dans l'art d'imaginer qu'ils pouvaient manger par les yeux que des dents avaient fini par pousser tout autour de leurs paupières.

 

Pendant ce temps, la télé aspirait en elle le fluide vital des téléspectateurs. Par les ondes hertziennes, l'essence de quidam s'envolait sous forme éthérée, et survolant les continents affamés, retournait à l'envoyeur, magnétisée par les antennes du Konglomérat Kathodique. Redevenu liquide, le fluide vital remplissait les cuves sans fond des diffuseurs gourmands.

 

Dans les prisons dorées des quartiers bunkers, les épiceries fines vendaient à prix d'or un seul produit à leur riche clientèle : des canettes de TV Cola, unique aliment encore trouvable sur toute la surface de la planète, boisson hautement énergétique, qui n'était autre que le fluide vital des accros du petit écran. 

Par psychabulle - Communauté : LA VITRINE DU LIBRAIRE
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